Resistance en Ouest Aveyron- maquis d’Ols

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L’Aveyron et le Tarn formaient la région FTPF D2 dont dépendait le maquis d’Ols .  Les inter- régions D et C (la région FFI R4 avec le Lot mais sans le Tarn) formaient la 3ème subdivision FTPF dont dépendaient les FTPF du Lot Le Comité Militaire régional (C.M.R) était constitué du triangle de direction (Commissaire aux Opérations Régional , Commissaire aux Effectifs Régional , Commissaire Technique Régional.) On l’a vu plus haut , c’est le CMR D2 qui a décidé fin 1943 la création du maquis d’Ols Le PC est à Ambeyrac , les services et le 1er détachement commandés par J.Cuadros -Attila- à Camboulan . Le 2 ème détachement à Salles Courbatier. Une dizaine de maquisards protègent l’école des cadres (Au printemps 1944 , le Commandant de la 3ème subdivision FTPF décida d’implanter à Camboulan une école de cadre destinée aux chefs de maquis des inter-régions C et D.) Le premier mai ,François Vittori (H)propose que l’on donne au maquis le nom de Dominique Vincetti ,héros des brigades internationales , dirigeant FTPF , tué lors des combats de la libération de la Corse.

Le 6 juin, le maquis d’Ols comprend la 4201eme Cie , environ une cinquantaine d’hommes plus les groupes FTPF légaux de Capdenac, Villefranche de Rouergue, Decazeville, Aubin , le maquis des guérilleros espagnols de Salvador (H) , le maquis de la MOI (Maurice). A partir de ce jour , les effectifs vont se renforcer par l’afflux toujours plus nombreux de volontaires . Le 8 juin , arrivée des « évadés » de la prison de Villefranche. Ce sont des maquisards aguerris à forte conscience politique qu’on retrouvera pour certains dans l’encadrement du maquis d’Ols . Au même moment ,Pierre Cuadros et Fernandez , frère et cousin de J. Cuadros (Attila) rejoignent la 4.201ème Cie . Cette Cie que 7 aviateurs du poste de gué de Villefranche , aprés avoir déserté , gagnent ce même mois avec leur équipement . LE 25 juin ,une vingtaine de Decazevillois , pour certains FTPF légaux rejoignent Ambeyrac ainsi qu’un groupe eux aussi « légaux » le 11 juillet .Etc ….

Cet afflux de nouveaux combattants venant de tout l’Ouest aveyronnais nécessite la création de nouveaux détachements.

A mi-juillet ,la 4201éme Cie est formée de 5 détachements. Le 1er (CM J Cuadros) cantonné à Camboulan Le 2éme (CM « Soult » , CE « Pomarède  » « Marceau »Installé à Salle Courbatiès , prévenus d’une attaque imminente , il quitte ce lieu pour s’installer à Gelles Le 3 ème ( CM R.Schilt « Debussy » , CE ,Massenet , CT F.Testas (H) Le 4 ème (CM »Hoche », CE « Garibaldi » , CT « Bocharz » Le 5 ème (CE «Arnaud » , CT Navarro(H) « Euripide » créé avec les FTPF du bassin houiller de Decazeville lors des combats de Carmaux .

C.M (commissaire militaire) , C.E (commissaire aux effectifs) , C.T (commissaire technique )

Le 14 juillet , la 4.201 ème compagnie pouvait mettre en ligne quelques 250 hommes . A ces 250 hommes , il faut ajouter les membres des différents services et les FTPF laissés sur le causse pour garder les camps . Les FTPF légaux de Villefranche avec le maquis du bois de Couati ‘passé au FTPF qui se sont installés dans une ferme à quelque km de Villefranche) . Les FTPF légaux de Decazeville qui ont eux aussi rejoint le maquis de « Marc » (Notons que les ralliements s’expliquent par la forte personnalité de « Marc »)

Depuis le débarquement , le combat a changé d’aspect . Aux embuscades succèdent des combats en ligne. Il faut donc remplacer les détachements mobiles mais dispersés par des unités puissantes et bien articulées. Le 23 juillet ,le Premier Bataillon de l’Aveyron est ainsi constitué sous les ordres du « Commandant Marc » (François Vittori), devenant ainsi la « Force armée du Rouergue libre »

Le PC du bataillon est à Ols et l ‘Etat-Major du bataillon se compose de : C.M (commissaire militaire) : « Marc » C.E (commissaire aux effectifs)  « Curie » Odru Louis (H) C.T (commissaire technique ; « Jacquard »Tasquet

La 4.201ème compagnie dont le poste de commandement est à Villefranche.
La 4.206ème dont le P.C est à Najac
La 4.209ème dont le PC est à Decazeville
La 4.208 créée début août dont le PC est à Aubin.
La 4.215ème comprenant les détachements d’Aubin ,du Gua ,de Cransac et de Marcillac provisoirement rattachés à l’Etat-Major (E.M) de la 4.201ème compagnie.

Début août , les effectifs du premier bataillon sont évalués à 2500 hommes.

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Le docteur Delpech (H)ex Blanchard , ancien responsable inter-régional FTPF rappelle les précisions suivantes lors du vingtième anniversaire des combats de Gelles « Fin 1943 , avant le débarquement , nous étions déjà ici plus de deux mille (31 officiers,95 sous-officiers,1970 soldats) occupant tout le plateau central entre la route nationale et la vallée du Lot , dans ces villages dont le nom contient tant de souvenir; Ambeyrac ,Ols , Rhinode ,Camboulan , Foissac , Montsalès , Saint Clair et nos camps avancés de Gelles , Naussac ,Salles-courbatiers et jusqu’à Najac . Ajoutons à cela hommes organisés et encadrés dans leurs villes et villages pour compléter et appuyer les actions des hommes du maquis.Dés aprés le débarquement allié ,nous étions prés de trois mille(33 officiers ,150 sous-officiers,2800 soldats). »

Le libérateur
Début août à l’Imprimerie Salingardes qui éditait le journal collaborationiste « Le Villefranchois » à Villefranche , est imprimé « Le Libérateur » voix du Premier Bataillon de l’Aveyron . En exemple de la main mise du maquis d’Ols dans l’Ouest aveyronnais : Note du secrétaire général de la préfecture à ses supérieurs : « Le 2 août , Mr Salingardes , propriétaire de l’imprimerie du « Narrateur » est venu m’informer que son atelier avait été occupé et ses ouviers requis par les éléments du maquis/Premier Bataillon de FTPF de l’Aveyron/qui leur a fait imprimer un journal « Le Libérateur » Ne disposant d’aucune force de police , je ne puis que vous aviser de la réquisition de l’imprimerie par le maquis » « Le Libérateur », journal et voix du Bataillon rédigé par des maquisards. Louis Odru (H)en était le rédacteur en chef . Il était distribué aux maquisards et à la population . Pendant la campagne des Vosges , il sera le lien entre « le front » et l’Aveyron . Le 1er Bataillon entretenait des liens très étroits avec les Comités de Libération et diverses associations patriotiques de la région . Il représentait la Force armée au service des Civils . Il faisait office de « forces de l’ordre » en assurant le maintien de l’ordre , en lutte contre le marché noir et contre les miliciens.

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Financement

Le maquis au début a réussi à vivre pratiquant du système D, ravitaillé tant bien que mal par les comités locaux du FN , des FUJP etc …au prix de beaucoup d’efforts et de risques considérables . Mais compte tenu de l’augmentation des effectifs et des opérations , il a été nécessaire de passer à la réquisition. Les instructions FTPF étaient de se procurer les fonds dans les caisses publiques . L’état de Vichy devait payer la guerre . Ainsi donc , les postes et les perceptions , les caisses publiques dans leur ensemble , sans oublier les banques devinrent les ressources financières du maquis Le 29 juin , pendant l’occupation de Decazeville par des centaines de FTP , prés d’un million de Fr sont prélevés au Crédit Lyonnais , à la perception et à la banque Moulinou Mi-juillet , « Marc » fait le premier prélèvement à la demande du CMR D2 : 1 200 000 Fr à la recette principale et à la perception. Le 19 juillet , une soixantaine de FTPF fortement armés occupent le central téléphonique de la poste de Villefranche interrompant toutes communications , se font remettre 100 000 Fr par le receveur de la poste , 60 000Fr à la perception et 500 000 Fr à la banque de France , et pénétrant dans le bureau de la recette emportent deux pistolets 6.35.

Prélèvement de nourriture , d’équipements et de matériels

L’accroissement du maquis d’Ols rendit très difficile leur ravitaillement . Les villageois d’Ambeyrac et la famille Solery à Ols se dépensaient sans compter mais très vite la nourriture et les équipements collectés s’avérèrent insuffisants . Les maquisards réquisitionnèrent alors les aliments nécessaires chez les paysans et les commerçants pour lesquels ils établissaient des bons de réquisition au tarif fixé par l’état major FTPF et honorés à la libération par l’intendance militaire. Le service d’intendance et de réquisition des régions militaires étudiait les dossiers en faisant appel à l’attestation des chefs de maquis. Le maquis récupéra les prises de guerre des allemands (F Vittori notera que si ces actions ont été relativement faciles elles privèrent l’ennemi d’une grande quantité de matériel et surtout montreront le comportement parfait des éléments du maquis d’Ols pendant ces expéditions.)

31 janvier 1944 , deux groupes de FTP du Lot de 60 à 80 unités pillent un wagon de riz en gare de Figeac , ils ont cernés la gendarmerie et emmené une voiture, 2 motos 2 side-cars , un vélomoteur , 450l d’essence , 30 literies complètes. Le 7 février 1944 , la gendarmerie retrouva la totalité du riz volé , le maquis ayant appris que ce riz était destiné aux enfants de la région.

31 mars 1944 , 400 maquis attaquent la prison de Figeac défendue par les GMR et emportent une importante quantité d’armes , des équipements et tenues complètes de la garde.

Le 28 juin1944 , au cours de l’occupation de Decazeville par des centaines de FTPF , plusieurs tonnes de marchandises sont enlevées aux économats du Centre . Outre des conserves et du benzol , les armes du gardien complètent le butin. Le lendemain , 600 kg de poudre , un important stock de sucre et 32000 litres de benzol sont réquisitionnés à Bouran dans un train de marchandises en gare de Fontvernhe. (Le lendemain la presque totalité du sucre fut restitué dans les épicerie

Les transports

Lucien Michel (H)« Verlaine », un mécano marseillais dirigea la section transport . A partir de juillet , compte tenu de la mobilité opérationnelle nécessaire et le transport de nombreux groupes de résistants , là encore , la réquisition s’avèra nécessaire .Voitures , autobus , camions garnirent le parc automobile ainsi que les outils de l’entretien et de dépannage . Le carburant ne posa aucun problème , l’usine de Benzol de Decazeville était sous le contrôle du Comité de Libération inter-local. La direction de l’usine déposa une plainte pour vol de benzol auprès du commissaire de police : 8800 l pour le 20 juillet , 6 000 l le 21 et 7 000 l les 22/23. Cette importante consommation de carburant correspond en grande partie aux combats de Carmaux dans lesquels le maquis d’Ols fut fortement engagé.

Service sanitaire

Ce service était dirigé par l’infirmier « Gilbert »aidé par Delpech (H)« Blanchard »étudiant en médecine et Commissaire Régional santé D2. Là n’étaient traitées que les maladies bénignes et les les premiers soins aux blessés qui étaient dirigés ensuite vers les hôpitaux de Villefranche ou Decazeville. A Villefranche , le docteur Defayes avait constitué un groupe de résistance parmi le personnel ; y furent soignés clandestinement entre autres Maurice Colonges (H)le 17 juin pour trois blessures occasionnées par des balles de FM lors de l’opération de la PAVA , Marc Lemoine le premier juillet , et Pierre Wolciesczonek le 20 juillet pour blessures par balles. D’autres blessés seront hospitalisés à Decazeville . S. Mourino (H)fut soigné à l’hôpital de Villefranche puis celui des mines de Decazeville . Après le débarquement en Provence , contactés par Delpech arrivèrent des étudiants en médecine , des médecins (Stern) , son adjoint Arnal André (H)« Monteil » qui vient de finir L’ A.M.P et un infirmier Viernes Julien »Jésus » Ajoutons que le service social était assuré par « Laurette » responsable également des FTPF féminins au sein du premier bataillon

Armes et explosifs

Face à un ennemi armé jusqu’aux dents , comment engager des combats avec seulement les quelques armes individuelles récupérées ici ou là. Le maquis d’Olt échangea avec les FTPF du Lot du benzol fabriqué à Decazeville contre des armes .En un premier temps ,les maquis FTPF du Lot et le Maquis d’Ols récupéreront les armes par des actions contre les gendarmes et les GMR . Par ex. Le 22 juin à une heure du matin , 60 à 80 maquisards ont attaqué le détachement de GMR à Villefranche et se sont emparés d’une mitrailleuse , de trois FM , de mousquetons , d’une grosse quantité de munitions et de trois camions de matériel divers. Le 3 juillet , les FTP ont attaqué le commissariat de Villefranche et ont récupéré les armes des gardiens présents. Le 10 juillet , 30 maquisards désarment les policiers de Decazeville. Le 11 juillet , le commissariat d’Aubin est cambriolé.

Les parachutages nombreux dans la région n’étaient pas pour les FTPF sauf en quelques circonstances exceptionnelles .Les Gaullistes du BCRA les réservaient aux maquis de « confiance » comme ceux de l’ORA qui attendaient le jour J…). Les alliés , par contre , s’ils portent aux maquis FTPF à forte participation communiste une incontestable méfiance constateront par l’intermédiaire des agents SOE parachutés que ces maquis habitués à la clandestinité , dispersés en petites unités mobiles , efficaces , disciplinées réunissent les critères que les Alliés ont progressivement établis pour l’action maquisarde. Sur le terrain, l’aide qui est apportée aux maquis FTP est largement tributaire des relations entre les agents alliés parachutés et les chefs maquis . Ainsi le commandant Vittori reçoit en juillet , le commandant écossais (Le major Mac Pherson qui équipera également les FTPF du Lot) responsable de la distribution de matériel dans la région . Il lui indique ses effectifs (1000 hommes et seulement 300 armés)et lui communique les rapports d’activité transmis à la subdivision . Etonné par le travail réalisé par le maquis d’Ols dans ces conditions , il repart avec la promesse d’une prochaine dotation d’armes. Le commandant Marc , sceptique , les engagements formulés si souvent et non tenus , recevra effectivement le 21 juillet un premier chargement conséquent d’armes et de munitions : fusils , mitraillettes , fusils-mitrailleurs et mitrailleuses(« Le maquis d’Ols de l’Aveyron au Danube ») Cet armement permettra au maquis d’entreprendre les opérations spectaculaires qui vont suivre.

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