1940 dans l’Ouest Aveyron-Zone »libre »

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Les premiers malaises vis à vis de la politique de collaboration , de la répression et de la dégradation des conditions de vie apparaissent très rapidement mais sont loin de constituer un basculement vers la résistance . Fin 1939 (décret Sérol) et décembre 1940) (police deVichy) plus de 50 responsables du PC ou des syndicats de Villefranche de Rouergue , de Capdenac et du bassin houiller sont arrêtés , jugés , emprisonnés ou internés . On comprendra que les communistes « oubliés  », traqués , n’ont guère le choix pas plus que les juifs devant l’alternative « fuir ou faire face ». Pour le reste , une poignées de téméraires entrent en résistance qui doivent se répéter sans cesse « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre » Ils sont les premiers à faire la sourde oreille à la voix tremblotante de Pétain et reconnaître pour leurs ennemis les nazis de Hitler.

« Fin 1940 envisager la victoire sur l’Allemagne et proposer à quelqu’un d’y contribuer était du domaine de l’aliénation mentale « Henri Frenay(H)

Pour les deux années suivantes , 1941 et 1942 pas d’amélioration de la situation , aucune perspective de défaite des allemands ne se dessine même après l’entrée en guerre dans la seconde moitié de 1941 des deux superpuissance l’URSS et les USA qui dans un premier temps se font allègrement étriller l’une par les allemands , l’autre par le Japon .Jusqu’à l’occupation de la zone Sud il n’y a pas d’Allemand et la presse aveyronnaise entretient sans réserve autour de Pétain le mythe de « ‘homme providentiel »

C’est un petit nombre qui fait les premiers pas de résistance à l’insu de la majorité de la population . Dés les premiers mois de 1940 , malgré la répression, les communistes diffusent tracts et journaux à Capdenac et dans le bassin houiller . A l’école normale de Rodez un groupe d’élèves communistes rédigent et distribuent un journal ronéoté intitulé « Quartier Latin » La parcellisation des mouvements rend ardue la connaissance des petits groupes formés au hasard des révoltes individuelles , des rencontres fortuites et des bonnes volontés éparpillées . Lorsque débute vraiment la longue lutte contre l’occupant nazi et le régime pétainiste ,pour naître , exister et progresser , il faut innover et inventer les moyens de combat qu’on a choisi de mener. La police de Pétain traque sans preuve et souvent sur dénonciation les suspects de « non-conformisme » On a vu plus haut que des communistes , mais aussi des cheminots de Capdenac , des mineurs du Bassin Houiller et des familles juives ont été arrêtés. Ici ou là apparaissent malgré tout des manifestations hostiles à Vichy : club Gaulliste , premier groupe OS (Organisation spéciale communiste) , V tracés à la craie sur des bâtiments, graffitis favorables à De Gaulle et hostiles au préfet Marion et à Mignonac président de la légion des anciens combattants , des tracts du Front National.

Le 3 novembre condamnation à Villefranche-de-Rouergue , à 5 ans de prison et 500 francs d’amende d’un militant communiste , Henri Boyer(H), droguiste à Capdenac (déjà en prison pour 18 mois). « Le 28 juin il se fit remarquer par une série de manifestations à la fenêtre de sa prison,insulta ses chefs, harangua la foule et lui demanda de prendre d’assaut la prison »

« La Croix De L’Aveyron 3/11/1940.

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Le 1er décembre arrêté préfectoral contre la propagande communiste et les émissions de tracts : « arrestation immédiate du contrevenant et internement administratif ipso facto » ; « la découverte de tracts extrémistes sur une commune entraînera l’internement administratif des militants communistes notoires connus ».

Le Journal de l’Aveyron, 1/12/1940.

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Le 5 décembre , Marcel Aurières (H)(chaudronnier de 30 ans) , Georges Ortol (H)(manoeuvre de 30 ans) et Arthur Lavergne (H) (tourneur de 36 ans) avaient été arrêtés pour les mêmes faits. Ces 7 militants communistes, seront jugés, le 31 janvier 1941, par le tribunal de Villefranche-de-Rouergue ; 6 seront condamnés et 1 relaxé. Le 16 décembre arrestation à Cransac, pour distribution de tracts de 4 communistes : Emest Ginestet frère du maire d’Aubin (chaudronnier de 39 ans) , Lucien Higonnenc (mineur de 45 ans), Roger Dumoulin(H) (mineur de 28 ans), et Léon Debons(H). La plupart de ces militants poursuivront leur engagement dans la Résistance et participeront aux combats de la Libération .C’est notamment le cas de Arthur Lavergne (H) . Léon Debons (H), après avoir purgé sa peine à la prison de Rodez fut interné à Digne, dans les Alpes de Haute-Provence . il sera tué lors des combats de la Libération, après s’être évadé et avoir gagné le maquis. Ernest Ginestet sera déporté à Buchenwald « Le 22 décembre arrestation à Decazeville, par la police spéciale du département de 6 communistes dont : Tournier (H), secrétaire du syndicat des mineurs , Palat (H), délégué des mineurs ; Marul, président de la société de secours des mines et un commerçant. Le nombre d’arrestations dans le bassin depuis 6 jours est de 15 « .(Le Journal de l’Aveyron, 27/12/1940)

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