La résistance en Bas-Rouergue

Voir tous nos articles sur la résistance dans l’Ouest Aveyron : AveyronResistance.fr

L‘Ouest Aveyronnais, comme partout ailleurs, connaît une progressive montée de la résistance; on y retrouvera l’essentiel des organisations nationales :

Dés mai 1941, l’OS , Organisation Spéciale communiste créée pour protéger les manifestations contre les arrestations policière et la récupération d’armes abandonnées en 1940 Le FN (Front National (ne pas confondre) communiste créé en Aveyron dés 1942 par Giovonni alors professeur au lycée de Rodez qu’on retrouvera en Corse Lieutenant-colonel FFI , où il présida le Comité départemental de Libération. A la suite Giovonni obligé de quitter le département aprés une manifestation le 14 juillet sera remplacé plusieurs mois après par Jean Milhau (Albert) qui organisa le FN et confia la direction de nombreux comités locaux à des non-communistes : le docteur Defayes à celui de Villefranche, Froment à celui de Decazeville etc…Il était en contact avec les FTPF, FTPF-MOI et les syndicats clandestins. et les FTPF (Franc Tireur et partisans Français) expression militaire du FN . créé en 1941 par Charles Tillon dont chaque mot est chargé d’une signification : Franc-Tireur en référence aux insoumis de la capitulation de Sedan(1870), Partisans pour rappeler les combats sur les arrières des armées blanches en Russie et Français pour nommer la patrie. Très structurés, les FTP sont conçus comme une armée de la guérilla et de l’action immédiate qui se développe en combattant par petits groupes mobiles, qui ne doivent engager le combat que lorsqu’ils sont sûrs de gagner. Concept révolutionnaire à l’épooque, les républicains espagnols regretteront toujours cette tactique lors de la guerre d’Espagne. Dans le Bas-Rouergue le Maquis d’Ols représentera brillamment les FTPF. En 1944 les FTP, tout en conservant leur autonomie, sont regroupés au sein des FFI.

Les JC, connurent eux aussi la répression en 1939/1940. Le 20 novembre 1940, Paul Mouisset d’Aubin est arrêté. Début 1943, il y avait une quarantaine de JC dans le bassin houiller dont le rôle était la propagande, le recrutement, la collecte d’argent et de vivres et le soutien aux FTPF legaux pour des actions de résistance. Courant 1941 est décidé la création d’un Front Patriotique des jeunes aux bases idéologiques et sociales plus larges que celles de la JC. En octobre 1943, naissance des FUJP (Forces Unies des jeunesses patriotiques ) qui regroupent quatre organisations sur un pied d’égalité : Les F.U.J (Forces unies de la jeunesse) les JC (Jeunesse Communiste), L’OCM (Organisation Civile et Militaire) et les Jeunes Chretiens Combattants. De la même façon que les JC, ils apportaient leur aide aux réfractaires au STO et pour le maquis recrutaient, collectaient argent et matériel Etc….Raymond Fournier était le responsable départemental FUJP de l’Aveyron (Instituteur révoqué, futur commandant Charles des FTPF). Au mois de mars 44, il fut remplacé par André Quintard Les consignes étaient de maintenir les jeunes dans les villes et de développer les FUJP. Ne devaient gagner le maquis que les jeunes « brulés ». Ainsi, les deux fils Guillons de villefranche furent envoyés au maquis d’Ols à la suite de l’arrestation de leur père. Après le 6 juin 1944, les FUJP reposèrent essentiellement sur les jeunes filles suite au départ de nombreux volontaires au maquis.

A Capdenac, les FUJP étaient sous l’autorité de Valery Chapeaublanc, institutrice du groupe local des jeunes filles patriotes et de Bruel des Jeunesses Agricoles Catholiques(Futur secrétaire de la FNSEA)

A Villefranche, les FUJPl étaient animés par Renée Girbal qui dirigeait avec clairvoyance et autorité et l’aide de Louis Erignac les jeunes FTPF parmi lesquels Maurel, Mouly, Vedrine, « Toulouse ». Aprés le 6 juin la plupart gagnèrent le maquis FTPF du bois du couati

A Decazeville les FUJP étaient chapeautés par Souyri fils de l’instituteur de Firmi. les jeunes communistes nombreux (70 environ) acceptaient mal la présence de quelques socialistes.

les FTPF-MOI (Les Francs-tireurs et partisans – main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI)

Dés 1939 arrivèrent dans l’ouest industriel aveyronnais les républicains espagnols et en 1940, lors de l’exode, des israélites et antifascistes d’Europe Centrale qui s’ajoutèrent à la nombreuse population étrangère y travaillant déjà.

Les émigrés polonais de la zone SUD ont créé au printemps 1944 des sections PKWN (Assemblée générale des émigrants Polonais de France) à Aubin et à Decazeville

Les républicains espagnols, donc les communistes du PCE, très nombreux dans le Bassin houiller militent au sein de L’UNE (union Nationale de tous les espagnol) dont la devise était « Libérer la France pour reconquérir l’Espagne »

Ces nombreux communistes étrangers travaillant dans la région industrielle de l’Ouest Aveyron, Républicains espagnol, israélites, anti-fascistes d’Europe Centrale sont regroupés dans les unités FTPF-MOI

Les FTPF-MOI (les espagnol de la UNE y sont en forte majorité) et résistants français FTPF vont, par leurs actions de sabotages, diminuer considérablement les productions minières et sidérurgiques pillées allègrement par les allemands. voir Ouest Aveyron-Les sabotages par le maquis et multiplier les attaques contre l’occupant. Ils sont à l’origine des grèves en Aout 1943 aux Hauts Fourneaux de Decazeville et en novembre de la même année celles des mines de charbon. les autorités allemandes et pétainistes, en répression firent interner de nombreux espagnols.

Réseau résistance Fer (voir en annexe l’interview d’Henri Gasc, Résistant de Capdenac (Aveyron)

On retrouvera en Bas-Rouergue quelques maquis de moindre importance et de recrutement souvent hors département :

Les M.U.R regroupant divers mouvement : Franc Tireur, Combat, Libération vont s’unir dans les M.U.R (Mouvements unis de la résistance) et son expression militaire l’AS (armée secrète) qui prône la préparation au combat pour le jour J (attentistes) L’armée Secrète qui regroupe souventd’anciens ilitaires de carrire démobilisés d’une armée qui n’existe plus n’envisage le combat qu’à partir du jour J. Elle veut dons recruter et éventuellement former de futurs soldats qui au jour J s’intégreront dans l’armée de libération alliée. Ce sont des militaires patriotes certes, anti-nazis mais c’est une variante de la stratégie « Maginot » qui les anime à des kms de l’objectif « guérilla » des FTPF (En fêvrier 1944 les MURS du Lot, lassés par leurs sphères supérieures qui ne pensent qu’au jour J, ne pas tuer d’allemand, attendre etc..passent, pour leur quasi totalité, aux FTPF. Des MURS de Toulouse (R4) aux FTPF de Limoges(R5).

FTPF et AS formeront en 1944 les FFI (Forces Françaises de L’intérieur)

L’O.R.A organisation résistance de l’armée constituée essentiellement d’officiers et sous-officiers de l’armée d’armistice. Sa seule opération dans l’Ouest Aveyron semble être le fait du lieutenant Croccechia, gardien principal de la prison de Villefranche de Rouergue qui laissa partir les détenus politiques le 6 juin 1944(un peu forcé par les FTP de Vittori)

Groupes VENY mouvement purement miliaire créé et positionné dans le Lot par le colonel Vincent, pseudo Veny parachuté depuis Londres en 1943 et soutenu par l’OSS (Special Operations Executive) britannique. Le groupe avait des ramifications dans le nord du Tarn, dans le Tarn et Garonne ce qui explique leurs fréquentes interventions en Aveyron. Les commandos Hubert des groupes Veny du Lot sont installés à Montredon (avec dans leurs rangs, la aussi ,des maquisards du bassin houiller de Decazeville). En mai 1943, les Vely qui veulent rester sous contrôle strict de Londres font scission. Ces différents* avec les FTP du Lot incita leur chef Marcel Élie, à déplacer le groupe, environ trois cents hommes bien armés et équipés , dans l’Aveyron à quelques kilomètres au sud-ouest de Decazeville.

*Voir en annexe ces différents entre Malraux et les FTPF du Lot

Les syndicats

les syndicats se maintiennent dans les différentes branches économiques, mais ils sont étroitement contrôlés par le pouvoir en place et deviennent donc des organisations « officielles » chargées de servir le gouvernement et sa politique de Révolution nationale. Vichy prépare sur ce plan dès l’automne 1940 une « Charte du travail » qui se donne pour objectif de créer des syndicats uniques et obligatoires. Elle sera promulguée en octobre 1941.

Les deux grandes confédérations syndicales ouvrières, la confédération générale du travail (CGT) et la confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), sont interdites par Vichy. Mais elles se reconstituent clandestinement. La CFTC, réunit dans une alliance de circonstance les syndicat chrétiens et syndicalistes socialistes. Par cette alliance inattendue ces syndicalistes excluent toute forme d’actions directes et violentes que les communistes assimilent justement à de l’attentisme.

Suite au décret du 26 septembre 1939 relatif à l’interdiction du Parti communiste et les organisations qui s’y rattachent, nombre de syndicats, fédérations et unions départementales sont dissous et leurs biens mis sous séquestre.Les résultats de cette épuration entraine l’affaiblissement de la CGT et la chute drastique de ses effectifs.(C’est une perte de l’ordre des quatre cinquièmes de ses effectifs que la CGT enregistre entre l’été 1939 et le premier semestre 1940). Ce qui reste de la confédération commence de plus à se diviser idéologiquement, puisque René Belin, secrétaire adjoint et leader de la tendance majoritaire Syndicats (pacifiste et anticommuniste), entame une réflexion autour d’un « syndicalisme constructif privilégiant la collaboration.(René Belin, secrétaire adjoint de la CGT, est appelé au poste de ministre de la Production industrielle et du travail et établira la charte de travail Pétainiste);;

Le décret de 1939 n’interdit pas simplement les syndicats proches du PC mais l’arrestation de leurs militants. Dans l’Ouest Aveyron, après les arrestations des communistes en 1940 (Tournier Paul secrétaire du syndicat des mineurs CGT, Palat A, Raynal M, et Régis Marcel délégués mineurs, tous déportés en Afrique du Nord aux camps de Djelfa (mai 1941) ) et associée à une vague d’exclusion, c’est l’influence réformiste qui dominera alors dans les syndicats CGT puis dans les syndicats légaux.

Les syndicats légaux sombrèrent dans la collaboration et adhérèrent à la Charte du travail Vichyste. Dans le Tarn tous les délégués mineurs désignés par les autorités étaient des amis de Sinot *secrétaire du syndicat CGT et militant SFIO avant guerre.

*SINOT Un cas d’école : Il fut élu délégué mineur en février 1929 et membre du comité consultatif des mines pour le bassin houiller de l’Aveyron le 23 octobre 1932. En 1935, il devint secrétaire du syndicat CGT réunifié. Puis , pendant l’occupation, dans une totale ambiguité, il a été syndicaliste collaborateur, dirigeant de « libération », puis des MUR et chef de groupe CFL et fit l’apologie de la charte du travail. A la libération Sinot fit l’objet d’indignité syndicale et exclu de la CGT. Réintégré sous la pression de Jouhaux il quitta la CGT en 1947 pour fonder la Fédération des Travailleurs du sous-sol FO.

A Decazeville au contraire de Sinot, le socialiste André Cayrol évita au syndicat aveyronnais CGT de s’enliser dans la collaboration et devint même compagnon de route des communistes.

Forces françaises de l’intérieur (FFI)

Le 1er juin 1944 sont regroupés les diverses formations militaires de la Résistance ( Armée Secrète, groupes francs, Francs-Tireurs et Partisans , etc.) en créant les Forces françaises de l’Intérieur. Le général Koenig, nommé par les Alliés , en dirige l’état-major à Londres. Aprés septembre 1944 les FFI sont intégrées dans l’armée régulière.

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Plan des régions FFI

Pour les FTP ces inter-régions ne coïncident pas. Les départements sont couplés, l’Aveyron et le Tarn formaient la région FTPF D2.

Le Lot est intégré à la R4 pour les FFI et à la R5 pour les FTP. La situation sera clarifiée à l’approche de la libération.

Une réponse à « La résistance en Bas-Rouergue »

  1. Très bon article d’un érudit de la Résistance .Georges , petit fils d’un résistant du maquis d’Ols !

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