Le STO en Aveyron

Cette image a un attribut alt vide ; son nom de fichier est image-26.png
Cette image a un attribut alt vide ; son nom de fichier est image-24.png
Réalisée par Éric Castel en 1943, l’affiche « En travaillant en Allemagne, tu seras l’Ambassadeur de la qualité française »

Voir tous nos articles sur la résistance dans l’Ouest Aveyron : AveyronResistance.fr

La France de Vichy présente aux yeux de l’ennemi deux intérêts majeurs, sa neutralité bienveillante dans le conflit et sa richesse. C’est le plus grand pays industriel occupé avec une production considérable et une main d’oeuvre hautement qualifiée. Mais plus encore que la production, c’est la main d’oeuvre qui attire le Reich, privé de millions d’hommes qui combattent en Russie. Depuis 1940, et durant toute la guerre, de nombreux volontaires choisissent de partir travailler en Allemagne, que ce soit par idéologie ou, plus souvent, pour les salaires voire la libération de proches prisonniers.
La France de Vichy organise tout d’abord la « relève » (envoi de travailleurs en Allemagne pour « relever » des prisonniers), puis promulgue diverses lois de réquisition avant d’instaurer le S.T.O. (service du travail obligatoire) le 16 février 1943. Avec 600 000 travailleurs dans le cadre du S.T.O. et 200 000 volontaires , la France devient alors l’un des principaux pays contributeurs à l’effort de guerre nazi. Diverses campagnes d’information tentent alors de promouvoir le travail en Allemagne, entretenant délibérément la confusion entre le S.T.O. (impératif) et le volontariat.

La relève volontaire est un échec et entraîne la loi du 4 septembre 1942 qui déclare mobilisable tous les hommes âgés de dix-huit à cinquante ans et les femmes célibataires âgées de vingt et un à trente-cinq ans (celles-ci requises pour travailler en France) De nouvelles exigences amènent le gouvernement à instituer le STO , service du travail obligatoire , le 5 février 1943 .Trois classes d’âge sont concernées ,1920 ,21 ,22 et toutes les classes sociales et pas seulement les ouvriers.

En Aveyron :

La relève:

L’appel lancé à la radio par Pierre Laval le 22 juin 1942 pour la relève des prisonniers de guerre par des travailleurs est largement et sans réserve repris par la presse du département.

Le journal de l’Aveyron 4 juillet 1942
la croix de l’Aveyron 5 juillet 1942

En écho du discours ci dessus du docteur Rudolph Schmidt, Pierre Fau, rédacteur en chef de l’Union catholique écrit : »La relève, une bonne action pour un ultime effort en vue d’une place digne de la France dans l’Europe préparée par le Fuhrer »

Associée à la propagande des journaux aveyronnais, le préfet Marion lance une campagne d’affichages. Des pancartes sont apposées dans tout les lieux publics : »On embauche des ouvriers pour l’Allemagne. Renseignements gratuits sans engagement. Bon salaire. Travail intéressant. Occasion d’apprendre l’Allemand. Ouvriers français, contribuez à libérer vos compatriotes prisonniers de guerre; S’adresser à l’Office du Travail ». Des conférences sont organisées à Decazeville et à Millau seuls centres ouvriers dans l’Aveyron.

La Dépêche, quant à elle diffuse tous les communiqués officiels du gouvernement et, entre autres, publie le témoignage d’un prisonnier libéré qui décrit la captivité comme des quasi-vacances( 1er mai 1943)

Cette image a un attribut alt vide ; son nom de fichier est image-8.png

Le préfet Marion donne des instructions pour que des locaux soient mis à disposition du docteur Nauck délégué de l’office régional allemand et l’ouverture de bureaux à Decazeville et à Millau.

Le premier volontaire pour la Relève part le 13 juillet; Au 31 août, on totalisera, piètre résultat, 50 volontaires.(Maçons, serruriers, mineurs ou manoeuvres.) Effectivement, on notera la libération de quelques prisonniers , mais c’est pour servir la propagande du gouvernement de Vichy, les départ volontaires étant nettement supérieurs aux prisonniers libérés.

«  le passage de la commission Todt dans le département a soulevé quelques polémiques défavorables à la Collaboration. 36 engagements ont été enregistrés:. (RG Rodez au Préfet 24-09-1942 ADA 201 W 72).

« Il ne semble pas que l’opinion publique ait fait de sensibles progrès dans la compréhension de la Relève « . (RG 24-10-1942 ADA 201 W 72 ).

Compte tenu des faibles résultats obtenus pour la relève, la préfectures amplifie la propagande et multiplie les conférences accompagnée des journaux locaux qui mettent en bonne place la vie « agréable » des ouvriers en Allemagne.

Dans son rapport du 12 juillet 1943, le commissaire principal des renseignements généraux fait état de 245 volontaires partis entre le début de l’opération et le 25 mai 1943. En y ajoutant les départs de septembre à décembre 1943, c’est 350 personnes, hommes ou femmes qui sont partis volontairement de l’Aveyron pour l’Allemagne.

La grande majorité de ces volontaires étaient étrangers (polonais ,italien, Espagnols, belges etc…qui faisaient partie des travailleurs émigrés en Aveyron) : Sur ces 350 départs seuls quelques 100 à 150 étaient français

Le relève est un échec et Vichy doit promulguer diverses lois de réquisition avant d’instaurer le S.T.O. (service du travail obligatoire) le 16 février 1943. Les usines sont visitées et les ouvriers requis d’office. L’Aveyron doit livrer 500 travailleurs. En juillet 1943, 431 sont partis et sur quarante cinq réfractaires, seuls huit n’avaient pas été découverts . Là aussi la police française et la gendarmerie faisaient bien le (sale) travail.

En Aveyron comme partout, le prélèvement forcé ne se fait pas toujours facilement.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est image-1.png
la croix de l’Aveyron 15/8/1943

En oppositions aux directives officielles et les justifications au départ apportées par l’évêque Challiol, les réfractaires vont se multiplier : En juillet 1943, 90 % des jeunes désignés pour le STO à Rodez et Millau partent et en novembre à Millau, seuls 2 départs sur 9 convocations. Dès le mois de janvier 1944, le département est invité à fournir 500 nouveaux travailleurs aux chantiers de l’organisation Todt à Bédarieux et à Montpellier. Ce contingent doit être prélevé sur les jeunes agriculteurs des classes 1941, 1940 et 1939 précédemment dispensés. Au printemps 1944, les fuyards du STO, auxquels il faut ajouter les déserteurs des Chantiers de jeunesse, se comptent par centaines dans le département, malgré une répression féroce. Ils cherchent refuge dans les campagnes et dans les bois où se regroupent des jeunes venus de l’Hérault, de la Haute-Garonne ou du Tarn.  

Ce sont malgré tout prés de 3000 travailleurs Aveyronnais qui ont été au service de l’Allemagne hitlérienne. (300 volontaires et 2700 enrôlés de force)

Une partie minoritaire des réfractaires a rejoint la résistance mais le STO a détruit pour beaucoup la popularité de Vichy.

Cette image a un attribut alt vide ; son nom de fichier est image-25.png

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s