Les forces répressives pendant l’occupation en Aveyron

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René Bousquet, chef de la police de Vichy et un des organisateurs de la rafle du Vél d’Hiv

Les 16 et 17 juillet 1942, 9 000 policiers et gendarmes français montrent aux autorités allemandes de quoi ils sont capables lors de la rafle du Vél d’Hiv. Durant l’Occupation, du simple gardien de la paix au préfet, les fonctionnaires français vont appliquer avec zèle la politique des Allemands, devançant même parfois leurs exigences.

La police urbaine

A la suite de l'armistice du 22 juin 1940 mais surtout de l'entrevue de Montoire entre Petain et Hitler (24 octobre 1940), le regime de Vichy met en place une collaboration d'Etat avec l'occupant nazi. La police et la gendarmerie prennent une part active dans la lutte contre la Resistance ou les rafles de juifs...

Serge Klarsfeld affirme ainsi que «sans la police française, les autorités d’occupation n’auraient pas atteint de tels chiffres de déportation.» Sur les 76 000 juifs déportés de France vers les camps d’extermination, l’écrasante majorité l’a été avec l’aide des forces de l’ordre françaises. «Le bilan de la période 1940-1944 est extrêmement lourd pour l’institution policière»

n Aveyron, faible en importance elle était Composée d’un Commissariat à Decazeville et à Aubin et de quelques agents à Villefranche de Rouergue. Son activité répressive était limitée par un groupe de résistants en son sein. Cependant, le commissaire de Decazeville fut exécuté en mars 44 compte tenu de sa brutalité et sa chasse Incessante des résistants.

La gendarmerie :

Idem que pour la police, les gendarmes comme partout en France, pour leur majorité, ont suivi docilement les directives de Vichy, arrêtant sans état d’âme juifs et communistes. Cependant, après l’invasion Allemande de la zone Sud, mais surtout après les revers continus de la Wehrmacht et la pression du maquis, nombre d’entre eux basculèrent dans les rangs de la résistance au moment opportun, à la 23ème heure voire la 24ème heure pour certains. Des avertissements répétés des FTPF du maquis d’OLS sont nécessaires pour réfréner leur trop grand zèle notamment du brigadier de Villeneuve, du capitaine de Villefranche qui a succédé au capitaine *Guillon déporté ou des gendarmes de Rignac qui ont assassiné le résistant Robert.

Le capitaine Guillon fait partie des quelques authentiques résistants dans le corps de gendarmerie en Bas-Rouergue

La voix du peuple 5 mai 1944

Les GMR

Le serment des GMR  » Je jure fidélité à la personne du chef de l’État, promettant de lui obéir en tout ce qu’il commandera dans l’intérêt du service de l’ordre public et pour l’intérêt de la Patrie ».

Les Groupes mobiles de réserve, souvent abrégés en GMR, étaient des unités paramilitaires créées par le gouvernement de Vichy. Leur développement fut l’affaire privilégiée de René Bousquet , directeur général de la Police nationale. L’exécution des basses oeuvres leur est particulièrement réservée.Les premières unités voient le jour à Marseille, Bordeaux, Toulouse, Perpignan et Carcassonne avant d’être implantées sur tout le territoire. René bousquet en fera l’un des fers de lance de la terreur. Composée de gardien de la paix mais aussi d’anciens militaires laissés sur le carreau aprés la défaite, les GMR compteront jusqu’à 20000 hommes affectés à toute les sales besognes.Sans états d’âme, ils encadrent les rafles, traquent les résistants et basculeront vers l’action armée en engageant le combat avec la résistance dans de véritables batailles rangées, par exemple contre les maquisards du plateau des Glières en Haute-Savoie(194)

A partir de l’automne 1943 les GMR étaient engagés dans les opérations de répression de la résistance. Un GMR, dirigé par un commandant (de gardiens de la paix), comprenait deux cent vingt policiers au maximum et était divisé en quatre sections commandées en principe par des officiers de paix et subdivisées en quatre brigades. Les GMR n’étaient pas recrutés dans la population locale et ne vivaient pas en son sein. Ils n’avaient donc pas de raison de rechercher le modus vivendi qui existait quelque fois entre les maquisards et les forces locales de maintien de l’ordre. Autant qu’ont pu en juger témoins et historiens, ils n’ont pas montré de scrupules particuliers pendant ces campagnes de répression, même si l’on compta des transfuges parmi eux à l’été 1944.

Deux compagnies de GMR stationnaient en Bas Rouergue, à Decazeville et à Villefranche. Ces force de « maintien de l’ordre vichyste » étaient épaulées dans leur action par diverses organisations fascistes notamment la milice . Pour François Vittori (commandant Marc), ces GMR étaient dans leur grande majorité des mercenaires à la solde de Vichy.

Brigade spéciale de Montpellier

Dirigée par lintendant de police Pierre Marty*elle est appelée Brigade sanglante. Marty accompagné de compagnies de GMR intervenait en Aveyron pour chasser les résistants. En collaboration avec la Gestapo, il y fut particulièrement actif. (Jugé à Toulouse en 1948, Pierre Marty sera condamné à mort et exécuté).

La milice

La milice française | Histoire et analyse d'images et oeuvres

En janvier 1943, le gouvernement de Vichy décide de créer la Milice à partir du Service d’Ordre Légionnaire. La milice constitue rapidement la police politique de Vichy et en vient à jouer un rôle supplétif auprès de la Gestapo et des autres forces nazies présentes sur le territoire.
Ouvertement fasciste, anticommuniste, antisémite et antirépublicaine, la milice est officiellement placée sous le commandement du Premier ministre; Dans les faits, elle est dirigée par son secrétaire général Joseph Darnand, fondateur du Service d’ordre légionnaire (SOL, 1940-1943) qui en est l’ancêtre.

L’objectif de la milice est de lutter contre la Résistance, de traquer des Juifs ou les réfractaires au STO, de maintenir l’ordre.

«  …En décidant de transformer le S.O.L. en milice française, M. Pierre Laval vient de rendre un grand service. Composée de volontaires, soumise à une véritable sélection, n’accueillant que d’authentiques français de race et de sentiment, la milice française sera la troupe de choc (de la R.N) ». (Messager de Saint-Affrique. 13-02-1943).

Implantée dans les plus petits villages elle représentait un vrai danger. L’exécution de certains de ses chefs à partir de mi-juin 44 (Bachellerie à Aubin le 25 février 1944) a considérablement atténué son zèle. Rapatriée à Rodez, elle n’existait plus en Bas-Rouergue à partir de ces exécutions.

Dans sa majorité, bien que mobilisée dans son département juste après le 6 juin, la Franc garde rouergate fut, en pratique, réduite à l’impuissance du fait de l’activité de la Résistance et des maquis qui, avant le débarquement de Normandie, avaient exécuté nombre de ses cadres, intimidant les autres et les réduisant à l’impuissance. Une bonne partie des francs-gardes aveyronnais allèrent grossir la Milice de l’Hérault à la caserne de Lauwe de Montpellier où sa branche armée était mobilisée depuis le débarquement.(La Franc-Garde était la branche armée de la Milice française et fut engagée, seule ou aux côtés des forces allemandes, dans les principaux combats contre les maquis entre la fin de l’année 1943 et la fuite de ses membres en Allemagne en août 1944.

Brigade spéciale de Montpellier

Dirigée par lintendant de police Pierre Marty elle est appelée Brigade sanglante . Marty accompagné de compagnies de GMR intervenait en Aveyron pour chasser les résistants . En collaboration avec la Gestapo, il y fut particulièrement actif.(Jugé à Toulouse en 1948, Pierre Marty sera condamné à mort et exécuté).

En Aveyron, de l’automne 43 au printemps 44, les actions répressives sont le fait exclusif des forces du régime de Vichy.

En février 1944, ce sont 30 gendarmes de la brigade de Millau, attaque diligentée par le capitaine de Millau, Clerget-Gurnaud (Et pas les allemands) qui attaqueront sans succés, le maquis Bochetto « le maquis des Lacs », premier maquis FTPF de l’Aveyron, né en octobre 1943.(Ce maquis rejoindra ensuite le maquis d’Ols)

Ce sont les GMR (une compagnie de cent-quarante hommes de la compagnie GMR « Bitterois »)(Et non les allemands) qui, le 6 mai 1944 attaquèrent le maquis du Bouscalous à proximité de Belmont (un mort et 5 prisonniers déportés à Buchenwald ou trois y moururent )

C’est l’intendant de police Marty et sa brigade qui, entre autres, engagea des actions de représailles à l’action des résistants du Bassin minier au cours desquelles sept personnes (communistes, FTP, des Français et des Polonais) et Pleinecassagne membre du mouvement Libération-Sud et de l’AS furent arrêtées dans les trois localités du bassin minier : Decazeville, Viviez, Cransac. Ils furent tous déportés dans les camps de concentration en Allemagne.

Par ailleurs, l’aide française sera déterminante pour des Allemands à l’imparfaite connaissance topographique : Les GMR mais aussi la gendarmerie et la Milice participeront à la traque sanglante des maquisards, déployant souvent un armement lourd.

Après l’invasion de la zone libre, aux forces répressives Vichistes s’ajoutent celles Allemandes :

La Gestapo

Important rôle répressif joué par les forces de police et les éléments SS implantés à Rodez secondés par une armée d’indicateurs. Ce furent deux membres de la gestapo de Rodez qui ont pris l’initiative du massacre de Sainte-Radegonde : Stettien chef des renseignements de l’Aveyron et le caporal interprète Fienemann (alias « le Grand-Luc »). Ils convainquirent le colonel Steuber chef de la Kommandantur de Rodez de donner l’ordre d’exfiltration des prisonniers puis de leur exécution. Au procès de la « Gestapo » de Rodez (Toulouse, 6-11 juin 1951), Fienemann fut condamné à vingt ans de bagne et vingt ans d’interdiction de séjour pour sa responsabilité dans le massacre de Sainte-Radegonde. Ce verdict provoqua des remous en Aveyron. Les habitants de Rodez conservaient le souvenir de l’homme terrible, cruel et fanatique qui, comme tant d’autres, termina sa vie en Allemagne.

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